Assitan DIARRA: aucune alternative sans travail

Posted on 20 mai 2016 in Au coeur du PB18.

S’accommoder à ce nouveau cadre n’a pas été une tâche simple. Quitter l’ambiance et le côté chaleureux du PB 18 pour rejoindre le Sud, ce n’est pas facile pour tout le monde. Certes, la chaleur est au rendez-vous, mais là, il ne s’agit pas de la même chaleur. Cela fait maintenant près de cinq ans qu’Assitan Diarra vole de ses propres ailes. Elle évolue actuellement au club de Roquebrune Cap Martin en Nationale 2, mais désormais pour Assitan, le basket a une place secondaire. Cette jeune de 23 ans aspire à un métier qui lui offrirait une stabilité et elle compte bien l’obtenir grâce à sa formation d’éducatrice spécialisée. Assitan sait d’où elle vient et où elle va…retour sur son passage au PB 18, sa vision du club et ses ambitions.

 

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Assitan met en difficulté son adversaire

 

Parle-nous de ton parcours sportif ?

Assitan Diarra – J’habitais dans le 18e arrondissement et le Paris Basket 18 faisait des détections dans les écoles primaires. J’ai toujours eu envie de pratiquer ce sport, alors je me suis présentée et j’ai été sélectionnée. J’ai donc intégré le collège Gérard Phillipe en sport études. J’ai commencé en 6e et depuis je n’ai jamais arrêté.

Tu as passé 9 ans au PB 18, que représente ce club pour toi ?

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Assitan lors du 8ème de finale de coupe de France entre le PB18 (excellence département) et Wasquehal (NF1)

 Il représente énormément. Tout d’abord parce que grâce à lui j’ai une seconde famille. J’y ai rencontré mes meilleures amies, les gens les plus proches de moi. Même si nous ne sommes pas toutes restées super proches, nous avons toutes des liens communs qui sont gravés à jamais. En fait, ce sont vraiment des sœurs pour moi. Il y a aussi les coachs qui font partie de ma famille. Dans les moments difficiles, ils ont toujours été présents. Le PB 18, c’est beaucoup plus que du basket. Ça représente quelque chose qui m’a aidé à m’en sortir. Le club nous permettait d’avoir une autre occupation et de ne pas trainer dans le quartier, découvrir autre chose à travers les séjours etc.

Beaucoup d’autres joueuses comme toi affirment que le club leur a permis de ne pas trainer dans le quartier, penses-tu que le PB 18 est une sorte d’exutoire ?

Tout à fait, si je n’avais pas fait de basket, qu’est ce que j’aurais fait ? J’aurais pu faire des bêtises, vagabonder… Le PB 18 c’était l’endroit où on allait après les cours, où on se défoulait lorsque ça n’allait pas à la maison. C’est un exutoire, un échappatoire également.

Tu es assez jeune pourtant tu as souhaité t’investir dans la vie du club en intégrant le bureau directeur, pourquoi ?

Le PB 18 m’a aidé ainsi que de nombreuse jeunes filles comme moi donc j’estime qu’il faut que l’on fasse tout pour le pérenniser et qu’il continue à aider d’autres personnes comme nous. C’est un moyen de dire merci. Merci pour tout ce qu’il m’a apporté et tout ce que j’ai vécu grâce à lui.

Tu as des objectifs particuliers pour le club ?Extrait

J’espère que le club va continuer à être un club référent et se développer davantage. Le grand rêve serait que le PB 18 devienne un centre de formation, pourquoi pas ? Après en tant qu’étudiante et du fait que je sois dans une autre ville actuellement, c’est sûr qu’il est difficile pour moi de m’investir à 100%, surtout maintenant. Mais si un jour, je reviens à Paris, j’aimerais m’investir beaucoup plus, qu’on innove et que l’on fasse de nouvelles choses avec le PB 18.

Tu souhaiterais faire grandir le club, par quel moyen penses-tu que cela serait possible ?

Avec des moyens financiers (rires). Au niveau sportif, le PB 18 a quand même fait ses preuves. Je pense qu’il manque des moyens financiers pour construire une équipe séniore qui évoluerait à un meilleur niveau. Cela permettrait de faire grandir le club car actuellement les filles reçoivent une formation puis s’en vont toutes. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’avoir une équipe séniore qui tient la route.

On te défini comme un leader sur et en dehors du terrain et comme une personne qui sait où elle va, es-tu d’accord avec ça ?

Oui totalement, je sais ce que je veux dans ma vie et où je veux aller. C’est mieux lorsque c’est dit dans la bouche d’un autre, mais c’est important de savoir où on veut aller. Je sais d’où je viens donc je sais ou je vais.

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Assitan (#15) championne de France U18 avec le PB18

 

Malgré ton implication dans le basket, tes études ont une place primordiale dans ta vie. Il y a des jeunes filles qui n’ont pas conscience de l’importance des études. Comment expliques-tu cela ?

De nombreux facteurs entrent en jeu. Je pense aussi que les parents jouent un rôle très important à ce niveau-là. Par exemple pour ma mère « le basket c’est bien beau, mais les études avant tout ». Son discours a toujours été clair et inchangé. Les parents doivent mettre l’accent sur cet aspect. Mais cette inconscience est également due au contexte actuel. Il y a des élèves en difficulté scolaire, une fois qu’ils décrochent, ils n’arrivent pas à raccrocher. Les médias aussi y sont pour quelque chose. A la télé, on voit que les sportifs gagnent des millions etc., mais on ne montre pas comment ils ont trimé pour en arriver là, les étapes qu’ils ont dû franchir. Il est important d’avoir des connaissances, viser un métier pour l’avenir car le sport ne dure pas éternellement. Sur cent petites qui évoluent au PB 18, il n’y en aura peut-être qu’une qui pourra espérer gagner sa vie avec le basket, les 99 autres devront travailler comme tout citoyen lambda. Je pense que c’est ce message là qu’on ne véhicule pas assez. L’école n’est pas faite seulement pour avoir des diplômes mais aussi pour avoir une ouverture d’esprit.

On dit de toi que tu es toujours positive même dans certaines situations délicates, est-ce vrai ?

Il y a toujours pire que nous donc c’est important de positiver. l’espoir fait vivre, il faut toujours se dire que demain sera meilleur. Se lamenter et s’apitoyer sur son sort ne sert vraiment à rien. C’est ma philosophie dans le sport comme dans la vie de tous les jours. Les défaites sont faites pour nous donner des leçons donc il faut savoir comprendre pourquoi on a perdu ne pas pleurer et avancer.

Aujourd’hui, tu vis dans le Sud, quel a été le changement le plus conséquent ?

Quitter ma maman, ma famille, le PB 18, c’est le changement de ma vie. J’ai mis trois ans à partir d’ailleurs. Je devais venir vivre ici plus tôt mais je n’arrivais pas à m’en aller.

Comment s’est faite ton adaptation dans ton nouveau club ?

Compliqué, parce que je recherchais ce que j’avais eu au PB 18 en fait. L’ambiance, les copines avec qui j’ai tellement en commun. J’ai longtemps essayé de chercher cette ambiance-là et ce coté chaleureux avant de comprendre que ce n’était plus possible. Tout d’abord parce que j’avais grandi et que j’étais tout simplement avec neuf autres filles venant d’horizons différents. Je voulais retrouver ce sentiment de famille, celui d’avoir des sœurs autour de moi. Mais je n’y suis pas parvenu. Certes j’ai rencontré des filles formidables avec qui aujourd’hui j’ai créé une amitié mais je n’avais plus ce sentiment d’être chez moi, dans ma famille.

Actuellement, tu joues en N2, quels sont tes objectifs sportifs pour l’avenir ?

Je n’envisage pas de jouer plus haut car ça serait compliqué, je n’ai peut-être pas le niveau également et je n’en ai pas l’envie. Je trouve intéressant le fait d’avoir une autre vie plutôt qu’une vie exclusivement basket. Lorsque l’on joue à un niveau plus élevé c’est de suite deux entrainements par jour. Avoir une autre activité devient compliqué. Aujourd’hui, le basket c’est davantage un moyen de s’évader. Ce n’est plus toute ma vie comme ça pouvait l’être lorsque j’étais au PB 18, il y a quelques années. C’est ma passion. Je pense que je n’arrêterai jamais d’y jouer mais ma vie n’est plus basée uniquement sur ce sport. Désormais je suis plutôt dans l’optique de trouver un travail stable.

Pour conclure, si tu avais un message à transmettre aux jeunes filles du PB 18, que leur dirais-tu ?

Je leur dirais de profiter de ces belles années car ce sont les meilleures de nos vies. Donnez-vous à fond car c’est ce qui permet d’aller loin et d’atteindre ses objectifs. Travaillez à l’école, le basket c’est beau, mais il suffit d’une blessure pour mettre un terme à une carrière. Mais surtout battez-vous pour les couleurs du PB 18.

Rudy.M

2 responses on “Assitan DIARRA: aucune alternative sans travail

  1. Oromo dit :

    Dans mes souvenirs elle avait largement le potentiel pour évoluer en 2ème division. ses entraîneurs ont probablement négligé son adresse au profit de ses qualités athlétiques pour gagner des titres.

    • R dit :

      Super fille
      Jetais au club en tant qu’éducateur pendant 7 à ans en tant qu’arbitre referent, j’ai eu la chance de l’avoir avec moi en formation. Tres sérieuse et volontaire dans le travail. Je ne suis pas étonné de son magnifique état d’esprit.
      Super joueuse mais aussi arbitre et dorénavant femme
      Bonne continuation à toi.

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